Coopération décentralisée franco-chilienne [es]

La Coopération décentralisée, entendue ici comme l’ensemble des initiatives et actions de coopération internationale menées par une ou plusieurs collectivités territoriales françaises (régions, départements, communes et leurs groupements) et une ou plusieurs collectivités étrangères, et formalisées par des conventions, s’est peu à peu affirmée comme un nouveau mode de coopération pour le développement, horizontal dans ses modalités, et transversal dans son contenu.

La coopération décentralisée, dont les pratiques s’inscrivent dans la logique selon laquelle il faut « agir localement en pensant globalement », représente une plus-value certaine pour les collectivités locales françaises et chiliennes, en ce qu’elle permet de renforcer les pouvoirs locaux et d’échanger des savoir-faire et des expertises, afin de mieux répondre à des défis de développement communs.

Le Chili et la France partagent en effet de nombreuses caractéristiques, qui constituent une solide base pour la construction commune de projets : par exemple, une tradition vitivinicole forte, un territoire marin étendu, un tourisme rural en expansion, une demande accrue de participation citoyenne, des transformations rapides de la géographie économique, l’urbanisation, avec tous les défis que cela comporte en termes de développement durable. La coopération décentralisée peut être ainsi un excellent moyen pour favoriser un développement harmonieux et inclusif de nos territoires.

La coopération décentralisée en Amérique latine et au Chili est soutenue par la Délégation pour l’Action extérieure des collectivités territoriales (DAECT) au sein du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères. Au Chili, l’interlocuteur privilégié est l’AGCID (Agencia Chilena de Cooperación Internacional para el Desarrollo).

Plusieurs accords de coopération entre collectivités chiliennes et françaises existent, dans des domaines très variés :

• Depuis 2009, la région Bourgogne-Franche-Comté et la région du Maule travaillent ensemble dans les domaines de l’économie, la formation professionnelle, l’agriculture, la culture, l’enseignement supérieur et la recherche, la santé et le tourisme. Dans le cadre de cette collaboration, des établissements de formation agricole des deux régions ont permis à de jeunes étudiants d’effectuer des échanges en France et au Chili.

En avril 2018, une délégation française représentant la région Bourgogne-Franche Comté a réalisé une mission à Santiago pour participer à un séminaire qui a eu lieu dans les locaux de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ils ont également rendu visite à leurs homologues de la région du Maule afin d’échanger sur les enjeux de la formation agricole, sur le développement local et la santé dans les milieux ruraux.

• Pendant plus de vingt ans (1995 – 2016), la région Ile de France et la région Métropolitaine de Santiago ont travaillé sur des axes forts tels que l’aménagement du territoire, l’urbanisme, les transports, l’environnement, le développement économique et social, l’éducation, la formation professionnelle, la santé, la culture et le tourisme. La région Ile de France a disposé d’un représentant permanent au sein de la Région Métropolitaine de Santiago pendant cette collaboration.

• Depuis 1998, le département de l’Hérault avec la région de Coquimbo ont échangé sur des sujets comme le domaine du développement durable (tourisme rural, innovation agronomique), développement humain (médecine, santé publique, aménagement urbain, gouvernance locale et décentralisation), éducation, environnement et recherche scientifique (partenariat entre le pôle Agropolis et le Centre d’Etudes Avancées en Zones Arides (CEAZA).

• Entre 2005 et 2016, le département du Finistère avec la province et l’Association des communes de l’Ile de Chiloé ont travaillé sur le développement durable des territoires côtiers à travers l’appui à la gestion intégrée des zones côtières, à la pêche artisanale, à l’éducation et la formation, et pour le développement rural à travers l’appui au tourisme, l’environnement et l’agriculture. Cette coopération s’est appuyée sur deux volontaires de solidarité internationale français présents sur l’Ile de Chiloé.

Autres échanges entre collectivités françaises et chiliennes :

La ville de Paris avec la ville de Santiago : depuis 2013 dans les domaines de l’aménagement urbain, du patrimoine ; de la culture, de la participation citoyenne ; de la mixité sociale, l’égalité de genre et de l’éducation publique.

• La ville de Marseille avec celle de Valparaíso : depuis 2013 dans les domaines de la culture et de la sécurité urbaine ainsi que sur la revalorisation des anciens sites portuaires.

La Communauté de communes Cœur d’Estuaire (Loire-Atlantique) avec l’intercommunalité Ribera Sur Maipo (Province du Maipo) : depuis 2013 sur la création d’un modèle chilien d’intercommunalité.

Le département de la Dordogne et les régions d’Atacama et d’Araucanie : depuis 2008 dans le domaine de l’environnement (filière bois-énergie), l’aménagement du territoire (agrotourisme et gestion de l’eau) et l’éducation (programme d’échange d’étudiants et d’enseignants entre l’Université Catholique de Villarica et l’Institut Universitaire de Technologie de Périgueux).

• La Réserve de biosphère de Fontainebleau-Gâtinais et la Réserve de biosphère de La Campana-Peñuelas : depuis 2010 dans les domaines de l’écotourisme et l’éducation, la gestion locale des aires protégées et la participation citoyenne.

La ville de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) et celle de Lo Prado (Région Métropolitaine de Santiago) : depuis 2008 sur le secteur de la culture et à travers notamment d’un accord de solidarité.

Contact à la DRC : Mathilde Duchemin – Chargée de mission coopération technique (gouvernance, droits de l’Homme et coopération décentralisée) – mathilde.duchemin@diplomatie.gouv.fr

publie le 01/08/2018

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