Discours Mme Anne Marie Idrac

Discours à l’occasion du dîner à la Résidence avec les CCEF
AVEC LES CCEF

8 juillet 2009 – 21H

Madame l’Ambassadrice,
_Monsieur le Président
Messieurs et Mesdames les Conseillers du Commerce Extérieur de la France,
Mesdames et Messieurs,

Préambule

Pouvoir commencer ma visite au Chili avec vous les Conseillers du Commerce Extérieur de la France, c´est un honneur et un privilège.

C’est d´ailleurs devenu aussi pour moi presque une tradition, puisqu´il m´arrive très souvent d´entamer mes nombreux déplacements à l´étranger - 50 pays en 15 mois - par une rencontre avec ces décideurs et ces entrepreneurs que vous êtes et qui acceptent de donner un peu de leur temps et de leur expertise aux entreprises françaises et notamment aux PME, qui abordent un marché à l´étranger pour y exporter ou pour y investir.

C’est donc pour moi une façon de saluer votre travail et de vous en remercier, mais aussi de voir ensemble comment nous pourrions faire plus et mieux.

Je souhaite que ce diner soit l´occasion d´un échange ouvert, globalement sur la situation économique et financière du pays, la place de la France et de ses entreprises au Chili, les éventuelles difficultés rencontrées, mais aussi plus particulièrement sur vos activités et vos programmes d´actions en tant que CCEF, vos réalisations concrètes au Chili, votre rôle joué au sein d´une équipe qui m´est chère : l´Equipe de France de l´Export ! (et le fait que le Directeur général de la Chambre de Commerce franco-chilienne que je salue, soit aussi CCEF en est une illustration).
_
Avant de vous laisser la parole, je souhaite vous dire quelques mots sur les évolutions que je souhaite donner à votre institution - le CNCCEF - plus que centenaire et les thèmes importants sur lesquels vous pourriez vous mobiliser.

Thèmes particuliers sur lesquels sont attendus les CCEF

Ces thèmes importants sur lesquels j’aimerais que vous vous mobilisiez, je souhaite les rappeler rapidement afin de voir avec vous comment les aborder concrètement au Chili :

· Réagir aux questions relatives au protectionnisme et alerter les pouvoirs publics sur les cas où les entreprises françaises rencontreraient des obstacles aux marchés. J´ai l´impression que le Chili est exemplaire en matière d´ouverture commerciale. Reste que certaines barrières non tarifaires subsistent et qu´il nous faut rester vigilants.

· S’impliquer dans les prestations d’innovation qui sont au cœur de la compétitivité de nos entreprises. L’État apporte une aide dans ce domaine (crédit d’impôt recherche, pôles de compétitivité) mais vous avez un rôle de conseil et d’alerte à jouer, notamment dans le domaine de l’intelligence économique, de l´internationalisation des Pôles de Compétitivité et de la protection industrielle.

· Participer à l’effort que nous faisons dans le secteur du développement durable. Je sais que le Chili s´engage dans des programmes importants dans ce domaine. Au-delà du Grenelle de l’Environnement, nous devons mieux faire connaître notre technologie hors de France car nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur les nombreux champions dans le secteur. Je sais que plusieurs de ces champions, comme Plastic Omnium dont je salue le représentant CCEF, seront présents au grand rendez-vous chilien de l´Environnement AMBIENTAL en octobre prochain et je m´en réjouis.

· Conseiller les décideurs de vos pays de résidence à retenir plus largement la France lorsqu´ils investissent à l´étranger. La France se trouve être le deuxième pays d’accueil des investissements internationaux. Il n’en reste pas moins que la compétition va être encore plus dure en cette période de crise. Le Chili est encore un investisseur marginal en Europe et notamment en France, mais l’opération réalisée en 2008 par la famille Luksic entrée au capital de Nexans est intéressante et démontre que notre pays est attractif.

· Contribuer à expliquer aux entreprises les nouvelles mesures de financement du commerce extérieur et de soutiens publics destinés à faciliter l´internationalisation des PME françaises. Je vous remercie ainsi de participer à la « vulgarisation » des outils disponibles, en particulier, l´Assurance Prospection dont j’ai lancé une seconde vague de réforme le 16 juin afin de soutenir plus largement les entreprises de taille intermédiaire (ETI), le SIDEX et la labellisation, deux soutiens simples gérés par UBIFRANCE, sans oublier naturellement, parce que je suis sur sa « terre natale » et sa terre d´expérimentation réussie, l´Assurance Prospection des Français de l´Etranger, l´APFE. A ce titre, j´en profite pour saluer une nouvelle fois les efforts des CCEF du Chili et en particulier de leur Président, M. Hubert Porte, pour avoir conçu et promu ce dispositif qui manquait et que je souhaiterais plus largement répandre. Je suis très intéressée à vous écouter sur ce point pour avoir un bilan et savoir comment nous pourrions développer plus encore ce dispositif innovant.

· Enfin j’ajouterais un point auquel je tiens : donner le virus de l´international à nos jeunes compatriotes, notamment via le processus VIE. Je vous remercie de promouvoir cet instrument encore sous-utilisé au Chili qui ne compte qu´une vingtaine de VIE, qui aide pourtant les PME à réussir à l’international et qui contribue à l’emploi. Je sais que vous-mêmes, dans vos propres entreprises, vous avez eu le réflexe VIE, même s´il est vrai qu´un recrutement local est parfois plus adapté au Chili. Au-delà de la promotion du VIE, je sais aussi que vous participez activement à la formation, par le biais de stages, d´étudiants et de jeunes diplômés et au soutien de jeunes entrepreneurs notamment par de l´hébergement à moindre coût (et je salue en particulier à ce propos le Trésorier de la section et directeur général d´Austral Chemical) et je vous en félicite. J´aurai à cœur d´écouter vos conseils sur ce point - d´autant que je crois que vous programmez une opération jeunes entrepreneurs au Chili d´ici la fin de cette année - ainsi que ceux de nos jeunes, stagiaires, VIE et entrepreneurs débutants, que je compte rencontrer demain au cocktail.

En conclusion, rappel des nouvelles impulsions données à institution du CNCCEF

Pour terminer, sachez que j’ai également abordé rapidement, lors de mon intervention à l’assemblée générale du 19 juin, les questions de gouvernance. J’ai proposé qu’un nouveau décret concernant votre organisation soit réalisé avant la fin de l’année. Il doit apporter des nouveautés de manière à renforcer l’engagement des CCEF.

Le renouvellement des mandats devrait ainsi me semble-t-il se mesurer en fonction de l’activité de chacun et il pourrait être utile par exemple de dresser une sorte de bilan d´activité de chaque Conseiller en fin de mandat. Nous pourrions également en parler ce soir.

Les questions d’âge doivent aussi évoluer. Nous avons ramené à 60 ans l’âge ultime pour devenir CCEF. C’est peut-être trop tôt alors que nous repoussons l’âge de la retraite. Voyons si ce seuil ne peut pas être avancé vers 65 ans.

De même, j’ai noté qu’un Conseiller du Commerce extérieur de la France qui quitte un pays pour aller dans un autre pays n’est plus Conseiller du Commerce extérieur de la France, alors que quand il rentre en France, il le reste. Il y a là un déséquilibre sur lequel je propose que nous puissions réfléchir.

J´entends également poursuivre la féminisation des sections et d´ailleurs je salue les 2 conseillères au Chili (sur 14 CCEF) et l´accès aux PME (la section ne compte que 7 représentants de grands groupes).

Voila les quelques messages que je souhaitais vous adresser et maintenant je suis impatiente de vous entendre chers Conseillers !

publie le 07/07/2009

haut de la page