Discours de Mme l’Ambassadeur (Première Ecole Chili/France)

Discours de l’Ambassadeur à l’inauguration de la Première Ecole Chili/France en Sciences Humaines et Sociales et Arts

Monsieur le recteur,
Messieurs les professeurs,
Chers étudiants,
Amigos todos,

Il y a quelques mois, le recteur Perez m’avait fait part d’un grand projet qui lui tient, je le sais, particulièrement à cœur : celui de donner aux sciences humaines et sociales à l’Université du Chili une nouvelle impulsion, tout en ouvrant davantage ces disciplines sur le monde. Et pour ce faire il s’est tourné vers la France. C’est une considérable preuve de confiance, dont je le remercie chaleureusement. C’est ainsi qu’est née l’idée d’une université d’été chileno-francesa, puis d’une Escuela chileno-francesa en ciencias humanas y sociales, ouverte à tous les publics et réunissant des spécialistes chiliens et français dans des domaines aussi divers que l’histoire, la sociologie, la science politique ou encore la littérature.

Cette préoccupation de l’Université du Chili rejoint une priorité de cette Ambassade : développer et structurer notre coopération en sciences humaines et sociales, en lui donnant une pérennité qui fait souvent encore défaut tout en promouvant une approche pluridisciplinaire et partenariale. Il existe en effet une longue tradition d’échanges entre nos deux pays en sciences humaines, comme le montre la forte influence au Chili de penseurs tels que Pierre Bourdieu, Michel Foucault, Paul Ricoeur pour ne citer que les plus célèbres. Cette tradition, si elle continue à alimenter de nombreux colloques et rencontres, ne se traduit pas toujours par des coopérations universitaires aussi structurées que, par exemple, en sciences exactes. Mais les signes se multiplient aujourd’hui d’un renouveau de la relation française en sciences humaines : cette année, ce domaine représente les trois quarts des candidats aux bourses de troisième cycle pour la France, et le nombre de projets de recherche en sciences humaines dans le cadre ECOS a également sensiblement augmenté.

Pour renforcer cette nouvelle dynamique nous avons créé, en 2006, un fondo concursable pour stimuler l’organisation de colloques chileno-franceses dans ces disciplines : 8 projets ont été sélectionnés, qui seront mis en œuvre cette année. Nous avons voulu également compléter cette approche universitaire par une politique active de promotion du débat d’idées, qui s’est traduite notamment, en 2006, par un grand Foro Bicentenario sur la construction des mémoires nationales. Dans tous les cas, ce sont toujours plusieurs universités chiliennes qui travaillent ensemble, au carrefour de plusieurs disciplines. La nouvelle Escuela chileno-francesa en ciencias humanas y sociales est en quelque sorte le troisième volet de cette politique. Il devrait créer, je l’espère, les conditions d’une coopération institutionnelle pérenne qui pourrait se traduire par de longs séjours d’universitaires français et chiliens dans nos deux pays, la mise en place de codiplômes et le développement de travaux de recherche conjoints. Cette dynamique devrait bénéficier à l’Université du Chili bien sûr, mais aussi à l’ensemble des acteurs chiliens dans le domaine des sciences humaines et sociales.

Pour cette première édition, ce sont donc cinq universitaires réputés qui viennent de France pour dialoguer avec leurs homologues chiliens et les étudiants : Maurice Blanc, spécialiste de sociologie urbaine à l’université Marc Bloch de Strasbourg, Olivier Dabène, professeur de sciences politiques à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, Stéphanie Decante, spécialiste d’arts et de culture latino-américaines à l’université de Nanterre, Guy Lochard, directeur du Centre de recherche sur les media à l’université Sorbonne nouvelle et Denis Rolland, professeur d’histoire contemporaine à l’université Robert Schuman de Strasbourg. Je les remercie vivement de leur engagement. La plupart sont de bons connaisseurs de l’Amérique latine. Toutes les disciplines ne sont pas représentées : celles qui manquent, comme la philosophie, l’anthropologie ou l’art, devraient être au rendez-vous lors des prochaines éditions de cette Ecole.

Nous avons souhaité que le Centre franco-argentin de l’Université de Buenos Aires soit aussi représenté, et je remercie son directeur, Patrice Vermeren, d’être parmi nous aujourd’hui. Le CFA est un acteur important de la relation entre l’Amérique du sud et la France en sciences humaines, grâce à lui de nombreux intellectuels français de renom touchent le sol sudaméricain chaque année. Toutes les conditions sont réunies à présent, me semble-t-il, pour que se construise une véritable coopération Chili - Argentine - France, tant sur le plan universitaire qu’en matière de recherche. Il existe en France des instruments bien conçus pour financer des partenariats triangulaires de cette nature, comme le programme Prefalc, encore trop peu exploités.

Je laisse à présent la parole aux intervenants, pour ce premier dialogue chileno-francés sur une thématique centrale pour nos deux pays : celle de l’exclusion sociale.
Je vous remercie.


Parmi les invités français, présents :
- Mr Denis Rolland, Professeur d’Histoire Contemporaine de l’Université Robert Schuman de Strasbourg III ;
- Mr Guy Lochard, Directeur du Centre de Recherche et d’études de l’actualité et des moyens de communication (CREDAM) de l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris III ;
- Mr Maurice Blanc, Professeur de Sociologie de l’Université Marc Bloch ;
- Mr Olivier Dabene, Professeur en Sciences Politiques de l’IEP de Paris et
- Madame Stéphanie Decante de l’Université de Paris X-Nanterre.

Inscriptions et programme détaillé :

www.escuelachilefrancia.uchile.cl

www.icf.cl

(Publié le 15 janvier 2007)

publie le 22/11/2007

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