Discours de l’Ambassadeur du 11 novembre 2012

Mesdames et messieurs les ambassadeurs,
Messieurs les attachés de défense,
Mon Général,
Monsieur le Directeur de la Pompe France de Santiago,
Monsieur le président de l’Association des membres de la Légion d’honneur et de l’Ordre national du Mérite,
Monsieur le président de l’UFE,
Monsieur le président de l’Association des anciens légionnaires du Chili,
Messieurs les anciens combattants et leurs familles,
Mesdames, messieurs,

Célébrer le 11 novembre, date symbolique de la fin de la 1ère guerre mondiale, en 2012 à Santiago du Chili, comme dans de nombreux lieux de France au même moment, est aujourd’hui une nécessité.
En effet, cette terrible guerre, achevée il y a bientôt 100 ans, qui a vu deux grands blocs de pays, parmi les plus développés de l’époque, s’affronter pendant quatre longues années au prix de grands sacrifices, a entraîné, chiffres inimaginables aujourd’hui, plus de 9 millions d’hommes tués au combat. La France, pour sa part, a payé le lourd tribut de 1 million quatre cent mille morts au combat. Notre pays a été durablement marqué, tant dans sa chair que sur son sol. Peu de familles françaises auront été épargnées. De jeunes Chiliens d’origine française trouveront la mort pendant ce conflit. C’est pour se souvenir d’eux, de leur sacrifice, que nous sommes d’abord rassemblés aujourd’hui.

Mais la « Grande guerre » est également devenue au fil du temps un symbole de rassemblement. Symbole de rassemblement et d’entente des peuples par-delà les luttes fratricides entre peuples européens ou occidentaux.

La même souffrance a finalement réuni les peuples. Ceux-ci, ennemis mortels d’autrefois, sont devenus des alliés et des partenaires dans une Europe réunie et rénovée. Le couple franco-allemand, qui a trouvé sa naissance dans ce dépassement, est certainement l’illustration la plus achevée de cette renaissance. On l’ignore trop souvent, c’est d’abord dans la Première Guerre mondiale que le couple franco-allemand trouve ses racines, sa raison d’être.

Et au-delà du couple franco-allemand, la Première Guerre mondiale est sans doute la matrice de l’Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui. Preuve de cette évolution, la volonté de célébrer entre tous les pays impliqués, quel que soit son camp à l’époque, la fin de ce conflit mondial. En France, mais aussi dans les pays qui ont été touchés par cette guerre, une longue suite de commémorations commencera l’an prochain pour se terminer en 2018 en France et à travers l’Europe. Tous les pays belligérants seront associés à ces célébrations du bicentenaire de la 1ère Guerre mondiale, dans un esprit de mémoire et de rassemblement.

Enfin, il faut insister sur l’héritage que nous avons reçu de nos anciens, les « poilus » comme on disait alors. Nous, jeunes générations qui n’avons pas connu la guerre, nous devons beaucoup à ces hommes dont nous sommes les héritiers libres et heureux. Cet héritage, c’est une forme de non-renoncement face à la barbarie, d’adhésion à des idées (dont la liberté est la plus emblématique) et d’appartenance voulue à un ensemble de pays libres, mais cet héritage, c’est aussi la capacité de résistance et de lutte dans l’épreuve. Les anciens nous rappellent que la liberté a un prix et qu’il faut la défendre. Même si nous vivons dans une époque apparemment plus facile, nous devons rester vigilants face aux menaces diffuses et aux dangers auxquels nous restons exposés, qu’il s’agisse de terrorisme, de prolifération d’armes nucléaires et conventionnelles…, la liste est longue et connue. Savoir affronter ces nouveaux dangers avec la même détermination que les « poilus » est une nécessité si nous voulons être dignes de nos anciens.

L’héritage des « poilus », c’est également la solidarité active à une époque où l’individualisme exacerbé fait perdre à certains le sens du bien commun et le simple respect d’autrui. Retrouver la solidarité entre tous les citoyens et l’art de vivre en harmonie avec autrui sont de vrais défis qu’il convient aux jeunes générations de relever.

Nous encourageons les jeunes générations à comprendre le sens de cet héritage, le sens du bien commun et de la solidarité entre tous les citoyens dans une Europe et dans un monde « global » où les nations ne s’affrontent plus mais cherchent à s’associer et à progresser ensemble.

publie le 19/11/2012

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