Discours de la ministre au lycée français de Reñaca (Viña del Mar, 11/03/2014)

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Monsieur l’Ambassadeur,

Monsieur le Député

Monsieur le Sénateur,

Monsieur le Président de la corporation Lycée Jean d’Alembert,

Monsieur le Président de l’Université de Technologie de Compiègne,

Monsieur le Représentant de la région Picardie,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Je tiens en premier lieu à remercier chaleureusement M. Belaustegui de nous accueillir aujourd’hui au sein du lycée français de Reñaca, l’un des fleurons de notre vaste réseau d’enseignement en français à l’étranger, à l’occasion du lancement d’un partenariat d’un type nouveau, dans lequel nous plaçons beaucoup d’espoirs.

Ce partenariat nous permet d’inaugurer aujourd’hui un campus de l’UTC au Chili qui hébergera un « tronc commun » d’ingénierie. Il s’agit d’une expérience à la fois singulière et innovante.

Tout d’abord, parce qu’elle associe de manière inédite les mondes politique, économique, de la culture et de l’enseignement, français et chiliens. Le ministère des affaires étrangères, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, l’Université de Technologie de Compiègne, quatre universités chiliennes, la chambre de commerce franco-chilienne, mais aussi la région Picardie, un sénateur des Français établis hors de France et Gdf-Suez ont en effet oeuvré de concert à la réalisation de cet ambitieux projet.

Ensuite, parce que ce partenariat est une des toutes premières réalisations des partenariats internationaux triangulaires d’enseignement supérieur, plus connus sous l’acronyme PITES. Ces partenariats novateurs visent à faciliter l’internationalisation de notre enseignement supérieur et à proposer aux bacheliers des lycées français à l’étranger des solutions pour pouvoir continuer à recevoir un cursus dans notre langue grâce à la création de filières françaises dans des universités étrangères. Un chiffre souligne l’urgence d’agir en ce sens : la moitié des élèves ayant effectué leur scolarité dans nos lycées à l’étranger ne poursuivent pas leurs études supérieures en France.

La structure d’enseignement supérieur post baccalauréat que nous inaugurons aujourd’hui permettra, aux étudiants qui le souhaitent, de poursuivre leurs études en France deux ans plus tard. Un tel sas sera certainement apprécié des parents chiliens qui craignent souvent de voir leurs enfants partir trop jeunes, à 18 ans, vers un pays lointain.

Dans le contexte de vive concurrence qui caractérise le Chili actuel, où le français n’est plus une matière obligatoire, cette nouvelle structure constituera un élément clef de notre rayonnement. Elle favorisera la diffusion de la langue française, le dialogue entre nos deux cultures et l’approfondissement des liens avec le monde économique dans le cadre d’une formation de grande qualité. En outre, la conclusion de conventions de reconnaissance des études signées avec quatre universités chiliennes permettra d’offrir des cursus bi-diplômants et un statut aux étudiants du tronc commun.

Ce projet est ambitieux et s’inscrit dans une perspective de long terme. Il est en effet envisagé d’étendre les débouchés de ce cycle préparatoire à d’autres écoles d’ingénieurs, en France ou dans la région, notamment au Pérou et en Équateur, dès septembre 2014.

Il participe par ailleurs du mouvement inéluctable de rapprochement du monde de l’enseignement et de celui de l’économie.

Ce projet n’aurait pu en effet se concrétiser sans le soutien de la chambre franco-chilienne pour le commerce et l’industrie et de nos entreprises, notamment Gdf Suez.

Il permettra de conforter l’ambition internationale de nos entreprises en permettant la formation de leurs futurs cadres en Amérique du sud. Les ingénieurs qui sortiront diplômés de ce cursus bénéficieront de compétences spécifiques, qui permettront aux sociétés françaises d’avoir une meilleure approche de la culture et des marchés sud-américains.

Ce projet novateur constitue un modèle de coopération qui doit être étendu à d’autres disciplines. Je pense notamment aux sciences politiques, qui attirent de nombreux élèves issus des lycées français. Je crois savoir qu’une réflexion sur ce sujet est d’ailleurs engagée entre l’ambassade de France et le lycée français de Santiago.

Je souhaite également témoigner ma reconnaissance à la région Picardie, dont le soutien a été essentiel et qui vient souligner l’importance de l’action des collectivités locales à l’international.

Chers Amis,

L’action de notre pays s’appuie sur une coopération universitaire, scientifique et de recherche de grande qualité, mondialement reconnue et qui suscite de fortes attentes. Nos programmes de coopération jouent un rôle essentiel dans la promotion de l’excellence scientifique et technologique de notre pays, renforcent notre attractivité auprès des étudiants étrangers et contribuent grandement à la diffusion de notre pensée.

Nous devons encore davantage développer cette collaboration au service de notre rayonnement. Au-delà de l’aide à la mobilité étudiante, il convient, par exemple, d’accompagner les entreprises innovantes, au sein d’incubateurs ou de dispositifs bilatéraux de coopération, pour conforter l’image d’excellence de la France en matière de recherche. Ainsi, le fonds innovation « Ambassade de France/Eurochile » a constitué récemment une rampe de lancement pour 5 entreprises dans le cadre d’un partenariat public/privé franco-chilien où les équipes françaises ont pu bâtir des collaborations d’avenir.

De même, notre système de formation professionnelle doit être davantage mis à contribution. Des actions significatives de coopération existent déjà au Chili. Ainsi, le Centre de formation technique de l’Université catholique du Nord Est habilité à délivrer, en partenariat avec l’IUT de Bayonne, un diplôme universitaire en informatique. Dans le même esprit, un accord a été signé par la filiale de Citröen au Chili, le ministère de l’Éducation nationale français et l’INACAP, premier organisme de formation professionnelle au Chili pour former des techniciens du secteur automobile. D’autres partenariats de ce type doivent être mis sur pied.

Le soutien à l’enseignement technique et aux formations techniques supérieures courtes représente également un axe de travail important, dans un pays où le manque de cadres dans ces domaines est rappelé chaque jour par les principaux responsables d’entreprises.

Mais notre politique doit aussi s’accompagner de la constitution de réseaux d’anciens étudiants qui resteront, tout au long de leur vie, des relais d’influence utiles pour notre pays. Le suivi et l’animation de ces réseaux doit être mis en place au sein de chaque ambassade. Il s’agit là d’un investissement qui doit être considéré comme prioritaire. Il serait en effet regrettable que des anciens élèves des lycées français, qui ont pensé en français au quotidien durant 15 années, voient le lien avec notre pays lentement s’effilocher après l’obtention du baccalauréat. Il en va de même avec les boursiers de stage ou d’études.

Mesdames, Messieurs, Chers Étudiants,

Permettez-moi de vous féliciter pour votre ténacité et votre détermination, qui ont rendu possible le projet innovant que nous lançons aujourd’hui. Soyez assurés du plein soutien du ministère des affaires étrangères aujourd’hui et demain pour en garantir le succès.

Je vous remercie.

publie le 10/03/2015

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